

Luca Gianola développe une recherche ancrée dans les notions de transmission, de mémoire et de pluralité culturelle.
En mobilisant son héritage multiculturel et ses récits personnels, il examine les formes contemporaines du folklore, des rituels et des traditions, qu’il réinscrit au sein d’une pratique mêlant installation, sculpture et narration visuelle.
Mon travail est pluridisciplinaire, mais il s’axe principalement autour de l’installation, de la sculpture et du dessin.
J’emploie différents matériaux qui ont, pour moi, un attrait à la fois sur le plan sensoriel, affectif et symbolique. Parmi eux : le textile, par le biais des teintures végétales que j’explore à travers différentes techniques comme celles du katazomé (technique de teinture japonaise au pochoir) ou du shibori (tie-dye), la céramique que je pratique au tour de potier, le crochet ou encore le tricot
Mes pièces prennent souvent leur source dans mes rêves. Loin des normes, l’espace onirique offre une liberté infinie. Depuis mon adolescence, j’écris mes rêves. Au fil des années, cet exercice est devenu une pratique à part entière, donnant naissance à un corpus de textes qui oscillent entre récits oniriques, poésie et narration.
Cette matière première est un réservoir dans lequel je puise, un terrain d’exploration que je façonne et transforme. Ces textes, imprimés sur du papier que je fabrique moi-même, s’insèrent dans mes installations. Ils deviennent tour à tour cartels, indices ou talismans, comme des traces laissées pour guider le regard et inviter à la contemplation.
Mes installations sont composées d’une multitude d’éléments que je produis de manière indépendante, maisqui, une fois réunis, interagissent au sein d’un même « écosystème ». Au coeur de ma recherche, le sommeil, le repos, le rêve et l’introspection émotionnelle occupent une place centrale.

Mon travail est aussiune manière de transformer la charge émotionnelle qui m’habite pour m’en libérer. Il évoque une forme d’immobilité, un état de quiétude affranchi du mouvement physique
Issu d’un foyer multiculturel entre la France, la Suisse et la Chine, les rituels, les contes et les éléments du folklore qui ont marqué mon enfance nourrissent les figures que j’emploie à la fois dans mes dessins, dansles motifs de mes teintures, ou encore dans les symboles que j’introduis dans mes installations.
Je m’intéresse également à différentes manifestations de syncrétisme, aux cosmogonies et aux récits de création, ainsi qu’aux lieux de culte et de recueillement, qui portent en eux une dimension spirituelle tout en évoquant le vide et l’apaisement.
À travers mes installations et les espaces que je conçois, je souhaite créer des lieux évoquant des espaces domestiques vus à travers un regard subversif et interroger notre rapport au réel, au sacré et aux objets, en explorant des narrations et des expériences profondément intimes. »

